Black Bass Session


Avec l’ami Julien (ManOfTheLake), nous avons pu accéder à un petit lac perdu au milieu d’une forêt du sud ouest, grâce à Jean Marc, président dynamique d’un club de pêcheur à la mouche. 

En cette belle journée d’août, malgré les petits 10 degrés au matin, nous nous sommes bien amusés à pêcher ces black bass, qui nous ont donné du fil à retordre pour comprendre ce qu’ils voulaient !


Le début de journée à été difficile, notamment pour trouver la pêche. Mais le soleil chauffant l’eau, les poissons se sont mis en activités progressivement. 


Cependant, il nous aura fallu vivre une expérience incroyable pour comprendre ce que les gros black bass voulaient :

Alors que je venais de monter un streamer tricolore en marabout et que je le faisais s’animer au dessus du fond, un petit achigan d’une dizaine de centimètres se jette dessus, c’est la touche. Je le ramène vite vers moi. À mes pieds, posé au fond de l’eau à un mètre de la berge, un gros black bass me regarde depuis 30 minutes dans mon action. Il se moque royalement de mes mouches… Lorsque le petit BB arrive à son niveau, en un éclair, le gros black bass a englouti le petit toujours pendu à mon hameçon, et a commencé à prendre le large ! J’ai tenté de freiner sa course, en vain, ma pointe en 22 centièmes a lâché nette !!! Et il a disparu avec mon petit BB et mon streamer !!!

Le ton était donné, les gros poissons voulaient du gros streamer.

Après avoir décroché deux beaux poissons dans les herbiers, j’en pique un avec un beau plumeau de 15cm… mais ma pointe, passée à 25 centièmes, casse au ferrage ! Je devient fou… 

Aux grands maux, les grands remèdes : je monte une pointe en fluoro de 60 centièmes !

Je remets une autre grosse mouche, je relance dans le même axe le long de l’arbre couche dans l’eau, trois animations, pendu !!! Le combat est intense et violent, mais mon montage costaud ne fait qu’un plis de ce très beau black bass, et il est au sec ! 


Nous somme plus que ravis !

Pour la fin de journée, on repasse en mode surface avec des poppers en cervidé, et Julien enchaîne plusieurs jolis poissons dans le gabarit 30cm. On s’éclate !!!



À cette occasion, j’ai pleinement pu tester ma canne St Croix Mojo Bass Fly, 7’11 soir de #8, qui est une excellente canne à mouche, me permettant de lancer à une vingtaine de mètres un gros popper en cervidé ou un joli streamer lesté en lapin et marabout. 

Le plaisir au combat est excellent, et lorsqu’il faut sortir les muscles pour brider un beau poisson, elle ne bronche pas !


La journée touche à sa fin, et nous retournons dans nos chaumières la tête pleine de souvenirs partagés entre amis.

Merci Jean Marc pour avoir rendu cette journée possible.

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La Kupa, joyau de Croatie.


Un voyage de pêche nous transporte dès le début des préparatifs. Que dis-je : dès que l’on pense pêche, on est déjà en train de voyager ! Cependant, lorsque ce voyage nous fait traverser les frontières, l’atmosphère qui s’en dégage est différente. C’est un pas de plus vers l’aventure, la découverte d’un nouveau pays, une nouvelle langue, de nouvelles rivières… Beaucoup d’éléments changent.

Certes, une truite ou un ombre restent ce qu’ils sont, même si la taille ou encore la robe peuvent changer, mais de manière terre à terre, un poisson reste un poisson. Néanmoins, pêcher d’autres eaux est toujours intéressant, enrichissant, d’autant plus si la population est, dirons nous, plus que généreuse !

En mai 2016, mon ami Richard est allé à la découverte d’un coin de paradis pour le pêcheur à la mouche (mais pas que), judicieusement aiguillé par Mathieu, un ami franco/italien, fin pêcheur/baroudeur à la mouche également.

A la vue de ces paysages magnifiques, je m’étais dis que si l’opportunité d’y aller se présentait dans le futur, je me devais de ne pas la rater…

Mai 2017. Richard me propose de l’accompagner avec son fils Robert et un ami, Patrick, pêcher la fameuse rivière Croate qu’ils ont pêché l’année passée, la Kupa, durant la troisième semaine de mai. Immédiatement, ça bouillonne dans ma tête !

Rapidement, la décision est prise, j’accepte la proposition. Destination Osilnica, petit village Slovène se trouvant à la frontière slovèno/croate. C’est là que nous resterons pour l’hébergement, la Kupa se trouvant à moins de cinq minutes en voiture…

Dimanche 21 mai, 03h00 du matin.

Je suis prêt, j’ai réussi à dormir un peu, l’excitation est palpable, Richard, Robert et Patrick n’ont pratiquement pas fermé l’oeil de la nuit. Les sacs sont chargés, le moteur démarre, je suis au volant, le GPS prévoit notre arrivée à Osilnica pour 18h00, soit environ 1650 km de route à parcourir. Les premières blagues fusent déjà, l’ambiance est au rendez-vous !

La B3F Team

La B3F Team

Durant ces plus de 15 heures de route, je ne peux relater dans cet article le nombre de conneries que nous avons pu sortir. Par contre, quand c’est notre pays voisin, l’Italie, qui nous donne généreusement de quoi rire, nous ne refusons pas ! A hauteur de Venise, nous nous arrêtons sur une aire de repos pour vider nos vessies et nous rafraîchir un peu, car la température est de plus de 25 degrés. Dans la boutique de la station, immédiatement à l’entrée, nous nous retrouvons devant deux grands réfrigérateurs remplis de boissons fraîches… mais en italien, rafraîchissement s’écrit « BIBITE FRESCHE »… Il ne nous en faut pas plus pour que cela devienne notre cri de ralliement : BIBIIITE !!!

Bibite fresche = rafraichissement

Bibite fresche = rafraîchissement

A hauteur de Rijeka, en Croatie, la tension monte. L’année dernière, Richard conduisait et était assisté de Robert et Patrick. Ils ont tourné en rond pendant de longues minutes pour trouver la bonne route, avec un GPS qui répétait en boucle  » Faites demi tour, dès que possible. Faites demi tour, dès que possible… » Le fou rire l’emporte et je ne manque pas la bonne sortie du premier coup, ouf !

Les rires reprennent encore plus forts, et notre destination n’en est que plus proche.

C’est finalement vers 20h00 que nous arrivons à destination. Nous sommes accueillis à l’hôtel KOVAC par Simon et sa femme, nous prenons place dans nos chambres respectives, je partagerais la mienne avec Patrick… Ou punaise !!!

L'hotel Kovac

L’hotel Kovac

21h16, la première « bibite fresche » est servie et nous trinquons à notre semaine de pêche à venir ! La météo semble être plutôt bonne pour les jours prochains. Vivement demain !

Bibiiite !

Lundi 22 mai.

Nous nous retrouvons au petit déjeuner, gargantuesque, et nous décidons d’aller pêcher sur la Kupa. Cette rivière naissant d’une résurgence karstique de plus de 150 mètres de profondeur, en plein parc national de Risnjak en Croatie, est une pépite de la nature. Ici, le ton est clair et sans ambiguïté, nous sommes sur le territoire des ours, des loups et des lynx. De grands et magnifiques cerfs font aussi partie des habitants du parc national. Si les loups restent à bonne distance de l’homme, les ours vivent ici, et la prudence est de mise. Un ours seul, s’il vous sent ou vous entend, préférera vous contourner. Si vous vous retrouvez avec un ourson et que sa maman n’est pas loin… c’est la situation la plus dangereuse. Mieux vaut fuir que périr…

Les permis achetés et les entrées dans du parc national payés, nous prenons la route pour nous rendre directement sur la rive droite de la Kupa. Passage de la frontière entre la Slovénie où nous résidons et la Croatie où nous pêchons, avec vérification des cartes d’identités. La Croatie n’est pas en zone Schengen, donc poste frontière. On prend vite l’habitude.

Les binômes sont vite formés : père et fils pêcheront ensemble, Patrick sera mon partenaire. Enfin disons mon « professor », car derrière cette bouille sans cheveux ni barbe, se cache un redoutable pêcheur à la mouche, un puit de science de la pêche et de la nature, et également un excellent déconneur.

Pour ce premier jour, qui est une découverte pour moi, j’en prends absolument plein les mirettes ! La clarté typique d’une eau calcaire, une nature luxuriante, et des gobages… « Au putain Patrick, ce gobage ! »

Mais la pêche restant la pêche, je mets quelques minutes à trouver la bonne mouche. Les ombres sont nombreux, bien plus que les truites, et malgré ça, je peine à faire mordre le premier. N’étant pas un pratiquant chevronné de la nymphe à vue, je tente malgré tout avec une petite nymphe copiée sur le modèle si prenant de l’ami Mathieu « Trota ».

Mon premier ombre

Mon premier ombre

Une fois la bonne veine d’eau choisi, le premier ombre se fait prendre. Quel plaisir de le leurrer ainsi. Il n’y a pas d’activité en surface, pour le moment, ça se passe sous l’eau.

Un quart d’heure plus tard, je pique un poisson plus gros, qui est monté du fond pour saisir ma nymphe : le combat est différent, c’est une truite ! Une magnifique fario sauvage !

Jolie fario de la Kupa

Jolie fario de la Kupa

Puis les premiers gobages se font voir, et les imitations d’éphémères prennent le relais. Les poissons sont joueurs, j’essuie plusieurs refus, change de sèche, et c’est reparti. L’ombre a une incroyable capacité à photographier la mouche qui se présente à lui. S’il fait un refus, pas la peine d’insister ! Mieux vaut changer son imitation, c’est très souvent payant. La journée passe à une vitesse folle, Patrick et moi retrouvons Richard et Robert, qui ont fait une très bonne pêche, afin de déterminer où nous allons faire le coup du soir.

Patrick « El Professor » en pleine action.

Ce sera sur la Kupa bien sur, et d’autres ombres viendront nous faire plaisir avant de plier les fouets et nous diriger vers l’hôtel, où d’excellentes « bibite fresche » nous attendent, ainsi qu’un copieux repas servi par Denis (prononcez Dénisse), un jeune serveur vraiment bien, pro et plein d’humour !

Mardi 23 mai.

Même rituel que la veille, grand petit déjeuner (en terrasse), puis direction la Kupa, avec les mêmes binômes, mais sur d’autres secteurs. Patrick et moi décidons de remonter la rivière vers la source depuis le pont en fer, Richard et Robert prospectent la zone aval.

El Professor m’enseigne alors la technique de « la pêche en dérive aval », technique qu’il maîtrise parfaitement, et qui me donne rapidement d’excellents résultats ! Pour l’ombre, c’est une technique excellente, mais attention au dragage, il faut une bonne longueur de bas de ligne, et une pointe longue et fine.

Bel ombre pris en dérive aval

En tant qu’amoureux de la nature, on en profite aussi pour nous assoir au bord de l’eau, contemplatifs, et nous nous mettons à retourner quelques galets, pour y déceler des larves d’insectes. Nous y trouvons quantité de bestioles ! La nature est ici parfaitement préservée, pas étonnant d’y trouver un biotope sain et riche.

Larve de plécoptère

Larve d’éphémère

En fin d’après midi, nous nous prenons une petite averse. Etant arrivé à la limite amont de pêche, nous reprenons la petite route en direction du pont, où nous retrouvons Richard et Robert. Nous continuons à pêcher le pool à tour de rôle, sauf Robert, parti se changer à la voiture car, lors d’un combat épique, ce dernier à fini… à l’eau ! Le coup du soir est excellent, avec un sedge pour ma part…

Retour à l’hôtel, bières, repas, dodo.

Mercredi 24.

Pour changer, nous partons le matin sur une petite rivière qui se jette dans la Kupa, la Čabranka. D’une moindre largeur, ce cours d’eau ne doit mesurer qu’une dizaine de mètres d’une rive à l’autre. Mais comme partout ici, les poissons sont là. Avec les pluies de la nuit, l’eau est un peu teintée, mais en état pour pêcher. Patrick et moi remontons la rivière depuis sa confluence avec la Kupa. Richard et Robert partent sur la grande Kupa, après la limite avec le parc national.

De notre côté, la pêche n’est pas aussi bonne, Patrick est en réussite, normal, c’est « El Professor », je peine plus à trouver la pêche. Mais je ne suis pas capot, loin de là. En fin d’après-midi, toujours ou presque sous la pluie, après avoir bien crapahuté dans la forêt, nous retrouvons la route que nous descendons pour nous trouver un joli pool pour le coup du soir. Sur la grande Kupa, nous trouvons notre lieu idéal, les gobages sont nombreux, l’eau est translucide, il va falloir la jouer fine. Je monte une pointe d’un mètre cinquante en 10 centième. Malgré ça, j’essuie deux refus… je monte une petite mouche sombre, et là, le premier ombre monte et hop, pendu !

Finalement, je trouve la pêche et Patrick aussi commence à dérouler. Il pêche la berge d’en face, les poissons sont plus tatillons, mais il finit par piquer un ombre de belle taille passant la barre des 40 centimètres !

Père et fils nous rejoignent à la tombé de la nuit pendant que Patrick vient de piquer son gros ombre. Leur coup du soir, pourtant juste en aval de nous, n’a pas été aussi productif.

Nous rentrons à l’hôtel, bières(sssss), repas, dodo… hips !

Jeudi 25.

Il a beaucoup plu hier, et encore cette nuit, donc aucune surprise au matin d’apprendre que les rivières sont hautes. La Čabranka est haute et marron, il nous faut espérer que la Kupa est en état d’être pêchable. Nous retournons sur le même secteur que le second jour, et nous constatons que si l’eau n’est à peine troublée, le niveau est bien de 50 centimètres plus haut…

Alors que nous nous concertons pour savoir si nous pêchons ou pas, nous recevons la visite d’une garde du parc national, Barbara, qui nous demande si nous avons nos cartes d’entrée dans le parc et si nous avons nos cartes de pêche. Finalement, vu le niveau trop haut, Robert et Patrick décident de pêcher quand même, Richard et moi  choisissons de nous promener et d’aller jusqu’à la source de la Kupa.

Nous achetons donc notre billet (valable deux jours) et nous laissons les deux pêcheurs au bord de l’eau, en se donnant rendez vous ce soir au lodge de pêche de Josip pour y boire un verre avec lui. (Josip est le fils de Josep, il a repris le gîte de pêche que tenait son père. Il parle très bien français pour avoir vécu en France étant plus jeune. Un lieu incontournable pour un personnage très attachant.)

Nous retrouvons Barbara qui nous invite à venir nous stationner plus haut sur un parking, afin de visiter le petit musée construit dans l’ancienne école du village, puis de partir à pied jusqu’à la source.

C’est là que nous apprenons que cette résurgence est très profonde, et qu’un plongeur professionnel italien a atteint la barre de moins 154 mètres sous la surface au niveau de la source, sans atteindre le fond… impressionnant !

Le schéma de la source

Après la visite du musée, très instructif, nous descendons le sentier qui mène à la source. La nature est sauvage, les fleurs sont magnifiques, les arbres géants et malmenés par la rudesse de l’hiver, et on s’attend à trouver un ours derrière chaque arbre ou bloc rocheux.

Quand les arbres fusionnent

Magnifique orchidée sauvage

L’arrivée à la source

On fini par trouver la Kupa, et nous remontons jusqu’à la source : whouaou !!! C’est absolument magnifique !!! En plus, nous assistons à un spectacle extraordinaire : les ombres sont là, sous la surface, parfois profondément caché, mais rares sont les plécoptères qui parviennent à s’envoler avant de se faire gober ! Nous sommes là, au milieu de cet écrin de nature, à contempler ces insectes se faire manger. La pêche à la mouche est une vrai pêche contemplative, et nous sommes de doux rêveurs.

La source de la Kupa

Il faut remonter maintenant, car le dénivelé négatif de l’aller est désormais inversé, et le bureau de Barbara ferme bientôt. Nous voulons la remercier une dernière fois avant de partir, et aussi boire une petite bière fraiche en vente dans sa cahute. Que c’est bon une « bibite fresche » après l’effort !

Nous remercions une dernière fois Barbara, et nous prenons la route pour rejoindre Robert et Patrick. La route est rallongée car suite à un hiver humide, un pont a cédé et il nous faut faire un détour. Le soir arrive quand nous retrouvons les deux pêcheurs, qui sont capots… le niveau de l’eau a eu raison d’eux, malgré leur détermination.

Nous retrouvons Josip, avec qui nous buvons un coup de gnôle maison (de la prune), avant de descendre une ou deux bières de plus… accompagnées de victuailles locales (jambon cru, fromage et salade verte). La soirée est humainement très riche. La pêche, c’est aussi de très belles rencontres.

Nous arrivons plus qu’à la bourre à l’hôtel, mais Denis nous pardonne et nous dinons malgré le retard, avec une bonne bière fraîche !

Nota : il est tout à fait possible d’aller à la pêche à l’étranger ou même chez nous sans systématiquement boire ou penser à boire une bière fraîche.  ^_^

Vendredi 26.

Nous convenons de pêcher à nouveau sur la Čabranka, mais plus en amont, après le poste frontière. Nous sommes à nouveau ensemble avec Patrick, mais nous nous séparons car la rivière n’est pas large. Ce fut ma journée noire du séjour. Seulement quelques rares ombres de pêchés, deux petites farios, rien de bien attrayant comparé aux jours précédents. On se retrouve avec Patrick (qui lui a bien pêché… El Professor quoi…) et Richard et Robert nous récupèrent pour aller sur un pool où des poissons gobent. Eux aussi ont eu une journée mitigée.

Superbe sculpture

Les poissons d’eau douce en Croatie

Justement, pour le coup du soir, nous partons tous ensemble sur la grande Kupa.

La Kupa, au coup du soir

Nous observons la surface, et les seuls gobages que nous percevons sont sur la berge d’en face. Le niveau est encore un peu haut, ça pousse assez fort, et il nous est difficile d’entrer beaucoup dans l’eau pour pouvoir limiter le dragage de nos mouches. Sous l’oeil bienveillant de Richard et perplexe de Patrick, Robert et moi tentons notre chance.

Dans une eau froide…

J’arrive à ajuster la distance et soigne mes présentations. Mais j’enchaîne les refus. Les trichoptères sont présents, les poissons sont dessus, mais le mien ne doit pas être celui qu’ils veulent. Je change pour un « duck sedge » monté par mes soins (type Devaux série 9 422). Et là, j’enchaîne les ombres ! Robert en fait monter beaucoup également, mais beaucoup de refus et de loupés au ferrage. Patrick s’y colle aussi sur la fin de la soirée. La nuit tombe, Robert et moi avons les cuisses glacées dans nos waders, et nous rentrons à l’hôtel pour notre dernier dîner, dernière nuit en Slovénie.

Nous passons une très bonne dernière soirée, et nous préparons aussi les sacs pour la journée de demain, car il faudra charger la voiture de nos affaires, tout en mettant de côté le matériel de pêche, car nous allons pêcher la Kupica jusqu’au soir, pour reprendre la route du retour en France de nuit.

Samedi 27.

Comme pour chaque voyage, il y a une fin. Mais on peut choisir quelle fin donner à ce voyage. En tant que pêcheurs passionnés, il nous est impossible de ne pas pêcher jusqu’à la dernière limite possible. Une fois la voiture chargée et la note de l’hôtel payée, nous prenons la route du retour en faisant escale à Brod Na Kupi, ville frontière, afin de pêcher la Kupika, affluent de la Kupa.

Panneau touristique de notre coin de paradis

Richard ne pêche pas pour ce dernier jour, il se repose pour pouvoir conduire le premier la voiture sur la route du retour. Car si j’ai pu avaler seul le voyage aller, nous serons trois pour assurer le voyage retour. Patrick ne conduira pas, à cause de ses micro-siestes… ^_^

Après s’être acquitté des droits de pêche, Robert part seul vers l’aval alors que nous partons en amont avec Patrick. Malgré notre insistance et la présence d’insectes, nous n’observons aucun gobage. En bordure, j’aperçois enfin un poisson gober au ras d’une branche qui touche l’eau. Mon premier lancer est un peu court, le second est parfait, dans la bonne veine d’eau… et hop ! pendu ! Le combat s’engage, le poisson est combatif, mais je parviens à rapidement le faire pivoter pour le glisser dans l’épuisette. C’est une jolie truite fario d’une trentaine de centimètres.

Fario de la Kupika

Patrick est pour le moment bredouille, mais il parvient à faire monter un bel ombre sur sa mouche. Loupé. On décide de faire une petite pause, quand un pêcheur venant de l’amont, bien que nous ayant vu, n’hésite pas à peigner le pool avec tantôt une sèche, tantôt une nymphe, avec une soie rouge vive et un bas de ligne + pointe d’environ 2,50 mètres… L’issue est courue d’avance, il ne fait rien monter hormis notre envie de le mettre à l’eau ! Il passe devant nous, pas même un petit bonjour, rien. Nous attendons donc encore un peu pour que les poissons se remettent en poste, et Patrick tente sa change à nouveau.

Au bout de quelques minutes, j’entends « Bibiiite » !!! crié par El Professor. Il bataille avec un bel ombre, qui lui donne du fil à retordre. Et comme ce grand rêveur n’a pas d’épuisette, je m’empresse d’arriver pour écourter le combat. C’est un bel ombre de plus de 40 cm qui comble Patrick de joie.

Patrick en plein combat !

Je tente ma chance un peu plus en amont, je parviens à me défaire de ces nombreuses vaines d’eau puissantes, et j’en pique un aussi ! Mais je décroche rapidement…

La journée est bien avancée, nous rejoignons Robert qui lui aussi a pris quelques poissons, mais moins nombreux que les jours précédents.

Nous restons ensemble pour le coup du soir, Richard a fait quelques courses et nous cassons une croûte ensemble au bord de l’eau. D’ici quelques minutes, il nous faudra reprendre la route.

Les ombres sont gobeurs sur ce coup du soir, mais très tatillons sur la mouche à présenter. Robert clôture cette virée pêche entre copains avec un dernier ombre, puis nous regagnons la voiture, enlevons notre tenue d’apparat, et prenons place dans la « fly fishing mobile », direction le Béarn via l’Italie.

Dernier ombre du séjour pour Robert

Le retour est tout aussi joyeux, quoique légèrement plus calme, et pour cause, la fatigue est bien là.

Une fois arrivée à bon port, quoi de mieux qu’une bonne bibite fresche pour clôturer ce voyage de pêche, qui nous donne déjà l’envie de repartir…

 

Remerciements :

A Richard, sans qui rien n’aurait été possible. Sa générosité, sa taquinerie, son altruisme.

A Robert, sans qui nous aurions du y aller à pied, sa gentillesse, son humour et sa soif de pêche !

A Patrick, pour sa patience, son sens de l’humour, sa qualité de narrateur, et sa culture générale et halieutique (ou punaise).

A Séverine, sans qui je ne serais pas qui je suis aujourd’hui, sa compréhension, son amour.

Merci.

L’ouverture de la truite 2017


Depuis que je pêche, c’est la première fois que je fais l’ouverture de la truite. Car pour pouvoir faire cette fameuse « ouverture », encore faut-il avoir l’opportunité de pouvoir pêcher dans une rivière classée en 1ère catégorie piscicole, et qui possède une population de truite.

2017 m’a permis de réaliser cette première, de l’année comme de ma vie.

Avec mon ami Richard, nous nous sommes rendus sur le Gave d’Aspe, sur un pool que nous ne connaissions pas, quelque part  entre Oloron Ste Marie et Urdos…

Le Gave d'Aspe

Le Gave d’Aspe

Forcément, le niveau de l’eau était un peu haut, mais rien de rédhibitoire, et la clarté de l’élément liquide était plutôt bon pour la saison, pas encore affecté par la fonte des neiges.

Le bilan pour cette première de l’année, est finalement bon, car même si aucune truite n’est parvenue à l’épuisette, nous aurons néanmoins réussi à faire monter quatre truites sur nos mouches, et nous aurons vécu notre première retombée de spent. Et un moment partagé au bord de l’eau, avec ou sans poisson, et toujours un bon moment.

Nous nous sommes promis de revenir plus tard dans la saison, pour tenter cette fois ci, d’immortaliser la bouille d’une truite de l’Aspe sur la carte SD de nos Nikon.

La canne et la rivière

La canne et la rivière

St Croix Mojo Bass Fly


Début janvier 2016, un ami moucheur me fait part d’une nouveauté qui doit pointer le bout de son scion sur le marché de la canne à mouche : St Croix, marque emblématique de canne à pêche outre atlantique, sort un modèle spécialement dédié à la traque du blackbass à la mouche, sur la lancé de SAGE avec sa série de cannes BASS II.

Il s’agit de la Mojo Bass Fly, issue de la gamme Mojo Bass, constituée de trois cannes de même longueur, en 7’11, pour soie de #7, #8, #9, en deux brins.

Aussitôt la nouvelle connue, je fonce sur le web pour tenter d’en savoir plus. Forcement, rien sur les sites français, mais quelques infos et premiers retours sur les pages web US et canadiennes. Ca a l’air d’être du tout bon !

Le prix tout d’abord, $ 149. Donc en calculant le prix en €uros, avec la marge de l’importateur et celui du revendeur, la barre des 200€ ne devrait pas être dépassée. Un point positif en plus, car la SAGE Bass II tourne dans la gamme des 600€.

Après plusieurs prises de contact, je passe commande auprès de la Maison de la Mouche, à Paris, en commandant celle en soie de #8 pour moi, et en soie de #9 pour l’ami Julien, qui l’utilisera également pour le brochet.

Prix de vente TTC : 199€.

Très rapidement, les cannes sont disponibles en boutique, et c’est avec l’excitation d’un gosse qui vient d’avoir un nouveau jouet, que je me cale une sortie Black Bass pour tester cette #8.

Ce jour là, le coup de froid qui touche la France ne favorise pas l’activité du poisson, et c’est sans aucune touche que je rentre dans mes pénates.

Néanmoins, j’ai pu tester la canne avec beaucoup de plaisir à lancer des poppers en poils de cervidé, et des streamers lestés de plus grande taille, jusqu’à H2. La canne est légère, puissante, elle travaille dans un premier temps sur le premier tiers, mais on sent qu’elle est prête à plier bien plus loin sur un gros poisson. C’est bluffant de pêcher avec une soie de #8 qui laisse l’impression d’une soie de #5.

Côté cosmétique, je la trouve superbe, mais ceci est très subjectif !

Vivement qu’un beau Bass la fasse plier !

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La canne sur sa housse individuelle

Le porte moulinet

Le porte moulinet

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Je reviendrai sur cette canne durant la saison, après plusieurs sorties, afin d’affiner le descriptif de cette canne St Croix Mojo Bass Fly.

Premier brochet à la mouche en float tube.


Il y a de cela presque un an, je cassais ma tirelire pour m’offrir une petite embarcation, peu encombrante, facile à mettre en place, et surtout, simple d’utilisation, ou la pêche est possible sans a avoir en tête autre chose que : LA PÊCHE !

Vous l’aurez compris, je suis le capitaine d’un magnifique rafiot monoplace appelé float tube. Et je dois bien l’avouer, la pêche prend un tout autre horizon, une autre dimension.

Bref, maintenant que vous savez que je suis riche dans mon coeur et dans ma pêche, mais fauché question blé, entrons dans le vif du sujet.

Le float et la flotte me manquaient beaucoup, et il fallait absolument que je trouve un coin réunissant plusieurs critères, à savoir, me permettre de pêcher le brochet à la mouche, tout en étant installé sur mon float tube.

Après plusieurs repérages, depuis la vue satellite de Google Maps jusqu’aux investigations de terrain, c’est sur un coin de Seine que je me suis jeté à l’eau.

Que l'on est bien sur son foat tube !

Que l’on est bien sur son foat tube !

Armé de ma Greys Salt de 9′ soie de #9, je commence par prospecter la rive droite. Les obstacles sont très nombreux, et il est parfois de difficile de lancer son streamer dans ces enchevêtrements de branches et de bois morts. Néanmoins, je fini par avoir une première touche, un petit brochet monte attaquer la queue de mon leurre. Je continue ma progression, et un nouveau petit brochet se manifeste, mais sans attaquer franchement.

Une chose est certaine, s’il y a des petits brochets ici, c’est qu’il y a des parents brochets également qui les ont naturellement mis au monde. Je change de streamer, pour un légèrement plus petit, et un peu plus vif en couleur. Je le prends également un peu plus lesté, pour pêcher un peu plus creux, et accentuer l’animation lors des phases de descentes.

Le secteur est encore long, et je dois bien avouer que si le float tube est un excellent moyen de prospecter avec précision et minutie la plupart des zones de pêche, il faut également reconnaitre que la vitesse de déplacement n’est pas son fort. Je décide donc de rebrousser chemin, en pêchant la rive gauche. La configuration est presque identique, mais il y a moins de bois mort, et il est plus aisé d’atteindre la bordure. (Et ça fait bien trois heures que je palme ! ).

Je repère un spot, une trouée plus précisément, où je peut atteindre la bordure, et ainsi faire évoluer ma mouche le long de la descente en revenant vers ma position. Je lance en deux ou trois faux lancers, le pose ma mouche a moins de 10 cm de la bordure. Légère animation, je laisse la mouche couler, je réitère mon animation, puis je laisse la mouche à nouveau redescendre vers le fond. Au moment de reprendre contact, je sens une résistance. Je ferre, même si dans un premier temps je pense avoir piqué ma mouche dans un bois mort… La canne est merveilleusement pliée, mais rien ne bouge…

Puis, la soie vibre, je ressens nettement des coups de tête, et en continuant à tirer sur ma canne, je vois ma soie partir vers le large. Aucun doute, c’est bien un poisson qui est au bout de ma ligne, je n’en crois pas mes yeux, le blank est complètement cintré, et le poisson me prend de la soie !

Je palme en direction du centre de la rivière, afin de mener le combat sans risquer de voir ce poisson, non identifié à ce moment là, se mettre à l’abris dans un obstacle de bordure.

Je récupère de la soie, le poisson remonte à la surface, et là, le doute s’évapore, c’est bien un brochet qui a engamé mon streamer, et il n’a pas l’air vilain. Le combat est rude, je ne vois pas ma mouche, qui a disparu dans sa gueule armé de quelques 700 dents… A ce moment là, je suis bien content d’avoir mis en pointe un brin en fluoro-carbone en 90/100 (Le PIKE-LEADER de la société Parallelium). C’est très gros, mais c’est hyper résistant.

Le brochet replonge, remonte, passe sous mon float tube, c’est très grisant de le voir dans cette eau relativement claire. Je le loupe à deux reprises pour le saisir comme il faut par le dessous de sa gueule, la troisième est la bonne !!! Ca y est, je le tiens mon premier brochet à la mouche, et en float tube qui plus est !!!

Magnifique robe marbrée.

Magnifique robe marbrée.

Je remets mon captif du moment en liberté, qui me laisse l’observer une dernière fois avant de repartir vers les profondeurs rassurantes de son lieu de vie.

Au revoir joli brochet.

Au revoir joli brochet.

Je continue mon retour vers la zone de mise à l’eau, sans touche. Peut importe. Je suis heureux, je dirais même HEUREUX, simplement, grandement, me perdant dans les superlatifs qui illustrent ma joie.

Le streamer du jour.

Le streamer du jour.

C’est certain, je reviendrai.

Vive la pêche à la mouche, vive le float tube !!!

Première truite Pyrénéenne


Depuis 2010, année zéro de ma pratique de la pêche à la mouche, j’ai eu l’occasion de pratiquer dans quelques jolies rivières, aussi bien en plaine, en montagne, ou encore dans des gorges. Cependant, hormis des tacons, je n’ai jamais réussi à prendre, ou du moins à mettre à l’épuisette, la moindre truite pyrénéenne !

Cependant, en juin dernier, les occasions n’ont pas manqué ! Je dirais même que je n’ai jamais autant pêché les Gaves en si peu de temps. Mais mon manque de pratique sur ce genre de rivière et, il faut le dire, un peu de malchance, m’ont vu perdre trois énormes truites des Gaves, entre quarante et soixante centimètres… L’une à cause d’un ferrage trop tardif, l’autre car elle a pris mon sedge au moment où j’arrachais les quelques centimètres de soie encore sortis, et enfin la dernière, la plus grosse, qui m’a gratifié d’un superbe gobage tout en finesse, mais dont le combat a été très étrange. En effet, après avoir aspiré ma sèche, cette truite s’est, dans son effort de survie, enroulée autour de mon bas de ligne. J’ai ainsi ramené une truite saucissonnée jusqu’à deux ou trou mètres de mon épuisette, lorsque je l’ai vu se débobiner puis, de nouveau libre de ses nageoires, elle a accéléré comme une balle pour, bien malgré moi, rejoindre une petite fosse bordée de rochers qui ont eu raison de ma pointe…

Bref, lors de cette dernière sortie pêche à la mouche sur les Gaves, fin juin, je n’en menais pas large. Sans pression, mais malgré moi, je n’arrivais pas à penser que si aujourd’hui était un jour sans, je ne caresserais pas le rêve de prendre une truite sauvage avant l’année prochaine…

Et si le début d’après midi fut compliqué avec quelques insectes mais aucun gobages, Richard et moi aperçûmes régulièrement de petites truites et quelques tacons.

Le résultat demeura vierge, et sans concertation superflue, nous partîmes vers notre ultime secteur, un superbe pool qui m’a vu il y a quelques jours, manquer ces trois si belles truites.

Après plusieurs dizaines de minutes de marche dans cette nature luxuriante, nous parvînmes enfin à notre dernier spot de pêche de la saison, dans une atmosphère particulière.

Pas de gobage. Cependant, je tentai le petit pool du fameux « trois loupés », et là, malgré ma vigilance, je me fis encore surprendre par une truite gobeuse sur les derniers centimètres de ma dérive, et ce fut encore loupé ! Pfffffffff…

Richard me re-motiva. Devant nous, des tacons gobaient le tout venant. Je parvins à en toucher un ou deux, souvent décrochés peu de temps après la touche, car ma mouche était un peu trop grosse pour ces bébés saumons.

Nous progressâmes et traversâmes la veine d’eau pour tenter de prendre une de ces nombreuses truites que nous observions gober dans les remous.

Après un autre tacon manqué, ce fut cette fois ci une truite qui goba ma mouche de mai, et qui me fit l’immense joie de venir se loger dans le filet de mon épuisette. Richard avait tout filmé, et je pus conjurer le mauvais sort. Une fois la truite de nouveau à l’eau, je réalisai qu’il ne faut jamais baisser les bras.

J’en manquerais une autre, plus grosse, qui parviendra à couper la pointe de mon bas de ligne, sur un rocher.

C’est à la lampe frontale que nous rebroussâmes chemin, la tête pleine d’images que seule la nature est capable de nous offrir, ma St Croix Impérial Fly 9′ #5 équipée de mon Vosseler DC2 « Maison de la Mouche » à la main. Une fois dans la voiture, nous retrouvâmes la parole, et nous ne pûmes nous empêcher d’évoquer avec passion, notre future journée de pêche…